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Comme un Scottish – mon premier Burns Supper

29 janvier 2016

Dès mon arrivée en Ecosse j’ai appris qu’on m’invitait à participer au Burns Supper familial! Comme moi il y a encore quelques jours, vous n’avez probablement jamais entendu parler de cette tradition écossaise auparavant donc je vais essayer d’expliquer ce que j’en ai compris et ce que j’en ai vu.

Supper c’est pour souper/dîner et Burns c’est pour Robert Burns, LE poète national; c’est donc une soirée où on lui rend hommage en lisant ses poèmes mais aussi en mangeant du Haggis (car il a écrit un poème sur ce plat) et en buvant du Whisky (pas sûre que là il y ait une réelle raison 😉 ).

Cette soirée, également appelée Burns night, date de plus de 200 ans et est fêtée le 25 janvier soit à la date d’anniversaire du poète (né en 1759). Elle est très populaire dans le pays et est même suivie dans des familles d’origine écossaise aux Etats-Unis. Ses règles sont assez strictes si on dîne en grand comité, on les a un peu moins suivies mais le mot d’ordre est toujours de rester festif.

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le kilt est de sortie!

La famille de Callum avait au départ prévu d’inviter une grande partie de la famille mais celle-ci a été retenue au dernier moment et nous n’étions donc que 6. Nous avons accueillis le couple de voisins sur de la musique traditionnelle (dans les grosses soirées on joue de la cornemuse, il faut que je teste ça!) qu’on écoutera tout le reste de la soirée.

Après l’apéro fromage/saucisson/macvin (oui oui ça n’a rien à voir avec la tradition, c’était la petite french touch de la soirée!) on a attaqué les choses sérieuses. Le repas commence par une soupe cock-a-leekie, une soupe au poulet, poireaux et pruneaux super bonne. Vient ensuite le cérémonial du Haggis et là ça ne rigole plus! Enfin si c’est plutôt drôle et les gens avec qui j’étais ne prenaient pas ça trop au sérieux donc avaient tendance à en rajouter: la mère de Callum a donc cuisiné un Haggis, elle apporte ce dernier sur la table et là le voisin, couteau à la main – le couteau que les écossais en kilts portent dans leur chaussette!- lit le poème sur le Haggis de façon volontairement surjouée et perce la panse contenant ce dernier. Là on applaudit et on boit du whisky.

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Le Haggis est servi avec des neeps and tatties (purées de navets et de pommes de terres) et une sauce au whisky. Pendant ce temps on lit des poèmes et bien évidemment on m’en a fait lire un. Je ne suis déjà pas très douée quand je dois lire de l’anglais mais la chose à savoir c’est que Burns écrivait en scot, ça reste proche de l’anglais mais ça en s’éloigne assez pour que  j’amuse tout le monde!

Voici un extrait du fameux poème To a Mouse que j’ai lu:

Wee, sleeket, cowran, tim’rous beastie, 
O, what a panic’s in thy breastie! 
Thou need na start awa sae hasty, 
          Wi’ bickerin brattle! 
I wad be laith to rin an’ chase thee 
          Wi’ murd’ring pattle!

C’était ensuite le dessert, un Cranachan, un mélange de crème, de flocons d’avoine, de miel, de whisky et de framboises. C’est plutôt bon et il faudrait que je vous donne la recette quand je l’aurai testée (et celle de la soupe tiens!).


Après ça, -sont fous ces britishs-, c’est le tour du fromage et du café. Il y avait un brie du coin plutôt bon même s’il avait un goût de camembert, un bleu d’Ecosse et un fromage qui m’a un peu traumatisée. J’adore le fromage, je suis assez ouverte habituellement (je trouve même le dernier cheddar que j’ai acheté super bon c’est dire!) mais là… Je ne suis pas sûre exactement du nom donc je ne veux pas écrire de bêtises, c’était un fromage écossais en bûche roulé dans l’avoine qui avait le goût d’un vieux beurre oublié des mois au fond d’un placard. Bref désormais je vais prendre des toutes petites portions quand je vais tester de nouveaux fromages!

Voilà donc pour mon premier Burns Supper qui m’a donné envie de recommencer l’an prochain si je suis toujours en Ecosse. C’était une très bonne entrée en matière qui réunissait la plupart des clichés que je pouvais avoir de l’Ecosse: du Haggis, du Whisky, des kilts et de la Cornemuse! Bon il me manque toujours les lancers de troncs, les châteaux hantés et les monstres des lacs, ce sera pour plus tard.

Pour ceux que ça intéresse voici le poème Address to a Haggis qu’on lit avant de le découper:

 

Fair fa’ your honest sonsie face,
Great chieftain o’ the puddin’-race!
Aboon them a’ ye tak your place,
Painch, tripe, or thairm:
Weel are ye wordy o’ a grace
As lang’s my arm.

               The groaning trencher there ye fill,                 
Your hurdies like a distant hill;
Your pin wad help to mend a mill 
In time o’ need;
While thro’ your pores the dews distil
Like amber bead.

His knife see rustic Labour dight,
An’ cut ye up wi’ ready sleight,
Trenching your gushing entrailsbright
Like ony ditch;
And then, O what a glorious sight,
Warm-reekin’, rich!

Then, horn for horn they stretch an’ strive,
De’il tak the hindmost ! on theydrive,
Till a’ their weel-swall’d kytes believe
Are bent like drums;
Then auld guidman, maist like to rive, 
‘Bethankit’ hums.

Is there that o’er his French ragout,
Or olio that wad stow a sow,
Or fricasse wad mak her spew
Wi’ perfect sconner,
Looks down wi’ sneering scornfu’ view
On sic a dinner?

Poor devil! see him owre his trash,
As feckless as a wither’d rash,
His spindle shank a guid whip lash,
His nieve a nit:
Thro’ bloody flood or field to dash,
O how unfit!

But mark the rustic, haggis-fed,
The trembling earth resounds his tread!
Clap in his wallie nieve a blade,
He’ll mak it whissle;
An’ legs, an’ arms, an’ heads will sned,
Like taps o’ thrissle.

Ye Pow’rs, wha mak mankind your care,
And dish them out their bill o’ fare,
Auld Scotland wants nae skinking ware
That jaups in luggies;
But, if ye wish her gratefu’ prayer,
Gie her a Haggis!

Et la traduction faite en 1994 par Jean-Claude Crapoulet, notez qu’on y parle de nourriture française 😉
 
Avec ta bonne et belle bouille rebondie,
De l’armée des puddings tu es le chef suprême !
Et tu prends dignement ton siège légitime,
Au-dessus des boyaux, des tripes, des andouilles,
Méritant bien un bénédicité
Aussi long que mon bras.
 

Tu remplis le plateau qui gémit sous ton poids,
Tes flancs puissants s’étalent comme une colline,
L’épingle qui te ferme pourrait faire l’axe d’un moulin
En cas de besoin ;
Et par tous les pores de ta peau, les essences distillent
Comme des perles d’ambre.

Un rude homme de labeur essuie sa lame
Et te tranche d’un coup de main habile,
Taillant dans tes nobles entrailles dégoulinantes,
Comme on creuse un fossé ;
Et alors, quel spectacle somptueux !
Quelle richesse ! Quel parfum glorieux !

Puis, tous donnant de la cuillère, tous y vont de bon cœur,
Et malheur au dernier ! On pioche avec bonheur,
Jusqu’à ce que bientôt les ventres distendus
Gonflent en forme de barriques ;
Et qu’un brave ancien, prêt à éclater,
Récite en soufflant l’action de grâce.

En existe-t-il un, penché sur son ragoût français,
Ou sur un des ces plats huileux à écœurer un porc
De dégoût, ou sur une de ces fricassées
À vous lever le cœur,
Qui puisse contempler l’air méprisant, le nez levé,
Un tel dîner ?

Pauvre Diable ! Regardez-le d’ailleurs, ce mangeur de chichis,
Mou comme une saucisse rabougrie,
Avec des mollets fins comme cordes à violon,
Des poings gros comme des noisetons,
Aussi capable d’un bon combat sanglant sur la terre ou la mer,
Qu’un mouton !

Regardez maintenant notre humble mangeur de haggis,
La terre tremble sous ses pas !
Son poing massif tient un large espadon
Qu’il sait faire siffler,
Faisant voler bras, têtes et mollets
Comme autant de fleurs de chardon !

Puissances qui sur l’homme veillez,
Et qui régentez son manger,
L’Ecosse ne veut pas de ces potions liquides
Qui clapotent dans un soupier ;
Mais si vous voulez ses prières laudatrices,
Donnez-lui un haggis.

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6 comments

louiseoupas 29 janvier 2016 at 18 h 51 min

Haha ! Une bonne entrée en matière effectivement. Dans la série des mets faits à partir de flocons d’avoine j’ai testé le « flapjack » récemment. Facile à faire (j’ai réussi à le faire moi-même et suis loin d’être une référence en matière de cuisine !), et bien consistant ! Si tu veux te laisser tenter 😉

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Ludivine 29 janvier 2016 at 22 h 50 min

héhé peut-être un jour!

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icietautrepart 2 février 2016 at 0 h 19 min

Hey ! Ca a l’air vraiment cool comme tradition ! Ca rejoint ce que je disais sur les façades, ça fait vraiment vitrine pour touriste, mais en fait c’est réel. C’est fou 😀
Par contre, ils vendent du macvin en Ecosse ? O_O.

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Ludivine 2 février 2016 at 14 h 39 min

Haha j’ai demandé au moins 50 fois la première semaine « c’est vrai ou c’est un truc à touristes? » en me baladant dans des petites rues ou en voyant des bâtiments qui faisaient trop cliché! C’est ce qui me plait ici, il y a vraiment une forte identité 🙂
Pour le macvin il était ramené du Jura avec le fromage! Et des tonnes de chocolats de Noël…

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icietautrepart 3 février 2016 at 1 h 51 min

Attends mais tu es jurassienne ? 🙂

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Ludivine 3 février 2016 at 12 h 56 min

Du haut-doubs, à la frontière du Jura et de la Suisse; tu vis dans le Jura?

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